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La guerre électronique n'aura pas lieu
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jmm  
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 More options Jan 2 2007, 3:50 pm
From: jmm <j...@rewriting.net>
Date: Tue, 02 Jan 2007 21:50:55 +0100
Local: Tues, Jan 2 2007 3:50 pm
Subject: La guerre électronique n'aura pas lieu
http://www.knowckers.org/content/view/218/1/

Focus de Knowckers : la guerre électronique n’aura pas lieu                  

Appréciation des utilisateurs: / 12FaibleMeilleur 04-12-2006
La presse s’intéresse particulièrement, ces derniers mois, à une menace  
émergente et polymorphe : à grand renfort de maximes de Sun Tzu, la guerre  
électronique y est décrite tantôt comme une alternative non violente aux  
opérations militaires, tantôt comme un prolongement de l’action terroriste  
traditionnelle, et tantôt comme un nouveau moyen de conduite de la guerre  
économique. Face à la confusion régnant autour de ces définitions,  
l’équipe de Knowckers.org tente un décryptage du phénomène.

La difficulté dans la compréhension de la guerre électronique réside  
principalement dans l’incertitude sur la nature de l’agression elle-même.  
Des questions aussi fondamentales que « qui m’agresse ? » ou « s’agit-il  
d’un acte de guerre ? » deviennent particulièrement difficiles car,  
contrairement aux conflits militaires classiques, y répondre relève d’un  
véritable défi technique qu’il n’est pas toujours possible de relever.  
Nous allons voir comment, sous l’étiquette « guerre électronique », sont  
trop souvent classés des actes de piratage dont le seul point commun est  
l’incertitude quant à leur origine et leur objectif.

TERRITORIALITE. Il devient évident, avec la généralisation d’Internet, que  
la notion de territoire, qui était prépondérante dans les guerres  
classiques, s’estompe complètement. Une attaque informatique ne nécessite  
aucune présence physique particulière, et peut donc être conduite  
indifféremment d’un pays ou d’un autre sans que ce dernier soit réellement  
impliqué dans l’attaque. Il suffit à cet effet de relayer l’attaque à  
travers des réseaux de proxies ou de machines compromises. C’est, par  
exemple, la question posée par la très médiatisée « opération Titan Rain »  
(pour rappel, il s’agit du nom donné à une opération de piratage massif en  
provenance de Chine ciblant des réseaux d’entreprises du Commonwealth, et  
qui a duré près d’un an) : comment lever l’incertitude sur l’implication  
du gouvernement chinois ? Comment établir la nationalité réelle des  
agresseurs, et comment prouver qu’ils prenaient bien leurs ordres d’une  
agence étatique ? Et cette opération est-elle réellement liée – comme cela  
a été évoqué par la presse – aux récentes tentatives de piratage dont ont  
été victimes des parlementaires anglais ? Par analogie, considérons les  
flux de spam sur la planète : en bout de chaîne, ils proviennent en grande  
majorité des Etats-Unis ; mais en amont, ils sont relayés par des réseaux  
de machines de particuliers infectées par des virus (ou « réseaux zombies  
»), qui prennent leurs ordres depuis des serveurs en majorité hébergés à  
Taiwan ; serveurs eux-mêmes contrôlés par des individus de diverses  
nationalités (américaine, russe, ukrainienne, israélienne…) aux  
motivations particulièrement hétérogènes (contrefaçon pharmaceutique,  
escroqueries, phishing…). Il devient ainsi clair, au regard de ces  
incertitudes, qu’il n’est plus possible d’analyser ces phénomènes sous  
l’angle de la territorialité. Pire encore, en matière d’hacktivisme, on  
constate que les attaques échappent totalement au contrôle des états d’où  
elles émanent : les défacements massifs et répétés de sites web par des  
groupes de pirates aux revendications politiques – notamment dans le monde  
arabe et au Proche Orient, pendant l’affaire des caricatures de Mahomet,  
et en réaction aux politiques du Vatican et d’Israël – ne peuvent être ni  
jugulés, ni dirigées par les autorités locales qui se révèlent totalement  
dépassées par les évènements.

ACTE DE GUERRE. Le concept d’acte de guerre, relativement simple à  
appréhender dans le domaine militaire classique (espionnage, sabotage,  
frappe militaire…), devient en revanche extrêmement problématique  
lorsqu’il est transposé au domaine électronique. Prenons l’exemple de  
l’attaque récente des fournisseurs d’accès à Internet du Kirghizstan qui a  
coupé le pays du monde pendant plusieurs heures : s’agit-il, comme  
certains journaux l’affirment, d’une opération menée par les services  
secrets afin de stopper la propagande pro-démocratique, ou bien  
d’ingérence d’un état extérieur dans le but de soutenir le pouvoir en  
place ? Penchons-nous également sur l’attaque qu’ont subit pendant  
plusieurs heures les serveurs DNS racine en 2002 : cette tentative, qui  
aurait pu rendre hors service Internet dans son ensemble, et qui a été  
conduite depuis plusieurs milliers de machines piratées servant de caisse  
de résonnance réparties dans de nombreux pays, a-t-elle été commanditée et  
relève-t-elle d’un agenda politique, ou est-elle le fruit d’un individu ou  
d’un groupe isolé en quête de gloire ? Considérons enfin le piratage  
récent des serveurs de la société Swift par la CIA ; ici encore, la  
question se pose de savoir s’il s’agit, comme le prétend l’administration  
Bush, d’une question opportuniste de politique intérieure – lutter contre  
le terrorisme – ou d’un acte de guerre dirigé contre l’Europe permettant  
de capter un trésor inestimable d’informations financières confidentielles  
; la question n’étant toujours pas tranchée par les européens. Et on le  
voit à travers ces exemples, ce n’est pourtant pas faute de se poser les  
bonnes questions : mais de fait, il est souvent impossible de trancher  
entre acte de guerre et opportunisme non commandité.

MOYENS OPERATIONNELS. Les opérations électroniques de grande ampleur  
requièrent la présence simultanée de compétences informatiques très  
pointues, d’une organisation parfaitement rôdée et d’outils évolués. Des  
analogies avec les forces armées classiques sautent aux yeux : d’une part,  
la spécialisation des individus en fonction des besoins des opérations ;  
d’autre part, la nécessité d’externaliser l’élaboration des armes et des  
technologies. En effet, à l’instar du marché de la défense, il existe dans  
la sphère électronique un véritable réseau de sous-traitance technologique  
souterrain et de mercenariat, permettant de couvrir les différents besoins  
liés à la conduite des opérations électroniques : la conception des virus  
et chevaux de Troie est prise en charge par des développeurs en freelance  
qui proposent leurs services moyennant rémunération, voire par des  
sociétés spécialisées – souvenons-nous de l’affaire Haephrati, ce couple  
de concepteurs de chevaux de Troie, qui avait fait trembler les plus  
grandes entreprises israéliennes ; la logistique est assurée par des  
spécialistes qui offrent à la location pour quelques dizaines de dollars  
des armées de machines piratées et pilotées par des virus, permettant de  
relayer et d’amplifier les attaques – l’an dernier, la police néerlandaise  
a démantelé un réseau d’un million et demi de ces machines ; les failles  
de sécurité, équivalent électronique des armes à feu, font l’objet d’un  
commerce particulièrement actif : des sociétés et agences gouvernementales  
rémunèrent en effet des chercheurs afin d’identifier des vulnérabilités  
inédites dans des composants logiciels ou réseaux, s’assurant ainsi  
l’exclusivité de la connaissance des moyens de leur exploitation. On  
trouve même à la vente des kits d’identité complets, incluant état civil,  
numéro de sécurité sociale et de cartes de crédit, permettant de s’assurer  
une couverture optimale. Autant de moyens techniques dont on ne peut pas  
dire qu’ils soient difficiles à réunir, puisque leurs détenteurs  
s’affichent en toute impunité sur des forums hébergés en Europe de l’Est,  
aux Etats-Unis ou parfois même en Iran. C’est ce qui alimente l’hypothèse  
très accrocheuse d’un « cyber-terrorisme » : on voyait mal, jusqu’ici, des  
terroristes se convertir aux nouvelles technologies et développer une  
expertise en informatique sans être financés et équipés par des états ;  
mais aujourd’hui, le marché de la cybercriminalité se professionnalisant,  
il devient extrêmement simple de réunir ces moyens d’attaque à moindre  
coût pour monter une opération terroriste.

RENTABILITE. C’est peut-être le facteur le plus critique dont dépend à  
long terme la viabilité de la guerre électronique – le facteur qui rend  
aujourd’hui si peu probable un « cyber-jihad » global. La rentabilité  
d’une attaque électronique est extrêmement faible, non seulement en termes  
de pertes humaines, mais aussi en termes d’impact psychologique sur les  
populations : une telle attaque, à elle seule, est très peu susceptible de  
provoquer une terreur comparable à un attentat classique. D’ailleurs, le  
récent appel d’Al-Qaeda – se succédant à de nombreux autres – appelant les  
djihadistes à l’attaque des réseaux bancaires américains sonne faux par  
bien des aspects : si les attaques de déni de service peuvent  
occasionnellement fonctionner lorsqu’elles se concentrent sur des cibles  
uniques, en revanche la dispersion des sites ciblés et l’absence de  
coordination logistique centrale laisse prévoir un très faible « retour  
sur investissement » de cet appel. De plus, les banques sont parmi les  
rares organisations capables de repousser de telles attaques et de  
préserver leur activité économique. De nombreux conflits dans le monde  
offrent d’autres exemples frappants : en Palestine et en Israël, des  
pirates des deux camps s’attaquent aux systèmes ...

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ecco2  
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 More options Jan 13 2007, 6:38 am
From: "ecco2" <ecco2....@gmail.com>
Date: Sat, 13 Jan 2007 03:38:09 -0800
Local: Sat, Jan 13 2007 6:38 am
Subject: Re: La guerre électronique n'aura pas lieu
Passionant ! Grace à vous je viens d'apprendre que les "knockers"
n'ont strictement rien compris à ce qu'on appelle la guerre
electronique...

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